Astana - Le Kazakhstan est un pays où personne n’est condamné à mort et où la dignité inaliénable de chaque être humain est protégée. C’est ce qui est inscrit dans la nouvelle Constitution du Kazakhstan, approuvée par référendum le 15 mars 2026 et entrée en vigueur le 1er juillet 2026. La transition vers le nouveau texte constitutionnel a consolidé la décision prise au cours des années précédentes, confirmant définitivement l'interdiction absolue de la peine de mort. Le père Gabriel Jocher, prêtre autrichien de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie et directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires au Kazakhstan, commente à l’Agence Fides : « Le Kazakhstan a confirmé une fois de plus, de manière explicite, l’interdiction de la peine de mort. D’un point de vue chrétien, c’est un motif de joie. La dignité humaine ne disparaît pas, même lorsqu’une personne a commis un crime grave. En même temps, le respect de la vie humaine ne signifie pas négliger les actes illicites : la justice, la responsabilité et la protection de la société restent fondamentales. »Le prêtre poursuit : « L’article 1er de la Charte définit l’être humain, sa vie, ses droits et ses libertés comme des valeurs suprêmes de l’État. Et l’article 17 établit que le droit à la vie est un droit inaliénable et inviolable de toute personne. Il ajoute ensuite clairement : la peine de mort est interdite ». « Cette interdiction – rappelle le missionnaire – n’est pas une nouveauté ; elle était déjà prévue dans la Constitution précédente. En la réaffirmant, le Kazakhstan a réitéré son engagement constitutionnel en faveur de la protection de la vie et de la dignité humaine. Nous pouvons être reconnaissants de cette décision et envers ceux qui l’ont soutenue au niveau de l’État ».Le Kazakhstan avait déjà aboli la peine de mort en juin 2022, lorsque la peine capitale avait été supprimée de la Constitution. Le processus d'abolition a duré près de vingt ans et s'est déroulé en plusieurs étapes fondamentales : le moratoire de 2003 ; la ratification du deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques en 2021 ; l'adoption d'une loi parlementaire, en décembre 2021, qui excluait la peine de mort de tous les articles du code pénal, supprimant également les exceptions prévues pour les crimes commis en temps de guerre. Enfin, un référendum constitutionnel, en juin 2022, avait modifié l'article 15 de la Constitution en y introduisant la mention : « La peine de mort est interdite ».La rédaction de la nouvelle Constitution de 2026 au Kazakhstan a concerné une grande partie de l'ancien cadre normatif. La nouvelle Constitution, approuvée à 87,15 % des voix, a pour objectif déclaré de tracer les grandes lignes du « Nouveau Kazakhstan », en garantissant les droits civils fondamentaux.En remaniant la section consacrée aux droits de l’homme et à l’organisation de l’État, la Commission constitutionnelle a conservé certains éléments, tels que le principe de l’illégalité totale de la peine capitale, qui a été intégré directement au cœur des droits fondamentaux de la personne. L’interdiction de la peine capitale n’a fait l’objet d’aucun recul, pas même pour les infractions liées au terrorisme ou aux crimes militaires.L’abolition de la peine de mort n’est qu’un des éléments de la mise à jour de la Constitution voulue par le président Kassym-Jomart Tokayev. Le nouveau texte a favorisé des réformes cruciales, telles que celle du Parlement, qui est devenu un organe monocaméral à la suite de l’abolition totale du Sénat. Par ailleurs, la fonction de vice-président de la République, qui avait été supprimée en 1996, a été rétablie, et un nouvel organe de nomination présidentielle, le « Conseil du Peuple », a été institué ; celui-ci a le pouvoir de proposer des lois et d’organiser de futurs référendums.Enfin, le texte comprend des chapitres inédits consacrés à la protection de la vie privée et des données numériques des citoyens, ainsi qu’une redéfinition de la liberté religieuse.