Calavi – Jeudi 1er octobre débutera, au Centre Brésillac d’Abomey-Calavi, dans l’Archidiocèse de Cotonou, au Bénin, l’année internationale de spiritualité pour 42 séminaristes de la Société des Missions Africaines . Originaires de 12 pays d’Afrique et d’Asie, âgés de 20 à 30 ans, ils ont déjà achevé leurs études de philosophie, obligatoires pour ceux qui se préparent au sacerdoce missionnaire.« Accompagnés par une équipe de cinq formateurs, ils vivront pendant neuf mois une expérience de discernement, à travers des moments d’intériorité, d’écoute de la Parole et de prière, en vue de prendre une décision concernant leur avenir : poursuivre leur vocation en tant que membres de la SMA ou s’orienter vers une autre forme de vie et de service. »Ce témoignage a été transmis à l’Agence Fides par le père Antonio Porcellato qui, après six ans de service en tant que Supérieur général de la SMA, s’est vu confier une nouvelle mission par son successeur, le père François du Penhoat, qui l’a nommé formateur pour un mandat de trois ans, renouvelable.« Je continue à mettre mes compétences au service de la formation initiale des séminaristes, un domaine dans lequel j’ai déjà travaillé de 1989 à 2001 : six ans à Gênes, un an à Calavì et cinq ans à Ibadan, au Nigeria », explique le missionnaire. C’est le père Porcellato lui-même qui lui avait suggéré d’assumer une fonction dans le secteur de la formation. « Je suis en effet convaincu que le discernement et la formation initiale comptent parmi les tâches les plus urgentes pour la SMA d’aujourd’hui, qui connaît un grand essor des vocations en Afrique, une croissance plus modérée en Asie et une présence quasi nulle en Europe et en Amérique. »« Cette année encore, une trentaine de familles béniniennes ont contribué activement à la formation missionnaire des jeunes, en accueillant gratuitement chez elles, pendant tout le mois de septembre, les séminaristes qui ont besoin de perfectionner leur connaissance du français avant le début du programme annuel », poursuit le missionnaire.Chaque matin, les séminaristes se rendent au Centre Brésillac, où ils retrouvent leurs camarades pour les cours de français et prennent leur déjeuner. L’après-midi, chacun retourne dans sa famille d’accueil, où il passe la soirée et la nuit, avant de revenir au Centre le lendemain matin. En général, les familles ont des enfants en âge scolaire : le séminariste interagit et converse naturellement avec eux, participant également aux activités quotidiennes, aux repas et aux moments de prière.« Le groupe des familles qui offrent leur hospitalité existe désormais depuis des décennies et s’est progressivement auto-organisé, en identifiant chaque année les familles disposées à accueillir un séminariste. Dans la lignée de la tradition africaine d’hospitalité, ces familles vivent l’accueil comme une occasion de rencontre et sont heureuses de pouvoir héberger des jeunes venus d’autres pays. C’est ainsi que naissent des relations qui se poursuivent souvent bien au-delà des neuf mois de l’année de spiritualité passée au Bénin.»C’est le cas de Pascaline Assogba, professeure d’université récemment retraitée, qui raconte avec joie l’expérience acquise au cours de vingt ans d’accueil : aujourd’hui, elle peut compter sur une véritable famille élargie dans différents pays africains. « Si je dois me déplacer sur le continent, je retrouve pratiquement dans chaque pays un missionnaire SMA que j’ai accueilli chez moi et qui fait désormais partie de ma famille », raconte-t-elle.Samedi 26 septembre a eu lieu une fête de clôture au cours de laquelle les 24 séminaristes accueillis dans les familles ont exprimé leur gratitude pour l’expérience vécue.Le mois passé au sein d’une famille béninoise, outre qu’il favorise la pratique de la langue française, représente une étape importante dans la formation des futurs missionnaires. Les jeunes sont appelés à s’adapter à des plats qu’ils ne connaissaient pas, à des rythmes de vie différents – comme, par exemple, l’habitude de dîner très tard – et à des formes de dévotion parfois nouvelles pour eux.Il s’agit, en substance, d’une école concrète de proximité, d’interculturalité et de capacité d’adaptation, compétences fondamentales pour ceux qui sont appelés à vivre la mission dans des contextes différents du leur. Cette expérience contribue en outre à créer une connaissance et une confiance réciproques entre des personnes issues de pays et de continents différents, même lorsque ceux-ci sont marqués par des tensions ou des conflits.Ce sont là de petits pas concrets pour surmonter les divisions, tisser des liens et contribuer à la construction de la paix.